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 Besoin D'aide

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nesyu
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MessageSujet: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 20:29

Salut Tout le monde
Tout D'abord je tiens a remercier tout memebre de ce forum, pour ses efforts en s'orientant, s'informant, et que la réussite soit notre désstination.
j'ai besoin de vos suggéstions concernant une fiche de lecture d'un roman que je devrais la étudier sous forme d'une approche (naratologique,..etc).
vraiment les choses me parraissent si compliquées, quelle approche dois-je appliquer?
Si quelqu'un a déja fait un tel travail, prière de m'orienter.
Merci
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Gigi
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 20:34

De quel roman parles-tu? Tu dois faire une fiche de lecture? Tu es en quelle classe? Pas très clair tout ça...
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nesyu
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 20:45

oui GIGI , le problème ce n'est pas le choix d roman, plutot comment je vais travailler la fiche de lecture sur une approche narratologique..?
enfaite, je suis maroccain , et j'étudie la littérature française au maroc a la faculté de Ben M'sik, je suis en deuxime année (deug)
Merci
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Gigi
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:20

Alors moi j'y connais rien en narratologie. Faudrait peut-être que tu ailles voir du côté de Genette...
J'ai un site sympa, il t'éclairera peut-être : http://www.signosemio.com/Genette/narratologie.asp
Question qui n'a rien à voir! Qui est le magnifique jeune homme dans ton avatar? Un acteur connu? Un top modèle? (c'est les vacances,on se lache)
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supercocotte
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:20

Une approche narratologique bien sûr ! Il te suffit d'aller voir les théories de Gérard Genette. Mais voici une fiche qui pourrait t'aider :

Interroger le genre romanesque
(Calas & Charbonneau)

I.Le roman : un genre protéiforme

A)Mimésis et diégésis

Dans la Poétique d'Aristote, une distinction entre
la mimésis : imitation de l'Homme en action ;
la diégésis : récit des actions.

La mimésis : tente de reproduire directement le réel => son domaine par excellence est le théâtre ;
la diégésis : reproduit indirectement le réel => son empire est celui des genres narratifs,
comprenant l'épopée, la chanson de geste, le conte et... le roman.

NB : Il s'agit d'une dichotomie essentiellement énonciative.

2 conséquences :
le genre narratif suppose la présence avouée ou cachée
d'une instance qui se charge de raconter l'histoire : le narrateur,
ce qui instaure une distance ;
en racontant une histoire, le genre narratif aborde
la question de la représentation du « réel » dans la sphère de la fiction.
La question se pose en termes d'affichage ou de gommage de ce réel.

B)Récit, histoire, narration (distinction entre ces 3 notions) :

Genette définit
le récit : comme l'énoncé lui-même ;
l'histoire : comme le contenu narratif ;
la narration : comme l'acte narratif qui produit le récit.
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Emi de Cambrai
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:21

Il y a un forum consacré aux étudiants de licence, je déplace le topic.

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supercocotte
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:22

II.Typologie sommaire du roman

A)Les sous-genres romanesques

3 grands axes permettent de regrouper les divers sous-genres :

Le cadre de l'intrigue :
contexte dans lequel se déroule l'intrigue.
Permet de distinguer roman pastoral, roman historique, roman picaresque...

La nature de l'action :
tonalité ou condition sociale des personnages.
Permet de distinguer les romans policiers, noirs, d'espionnage, d'aventures, de voyages...

La technique narrative :
Choix énonciatifs : P1 ou P3
Choix esthétiques : inscription dans ou contre un mouvement littéraire.
Permet de repérer le romantisme, le réalisme, le nouveau roman...

Choix formels : permettent de distinguer le roman par lettres (Montesquieu, Lettres Persanes),
le faux journal intime (Gide, Symphonie Pastorale ; Sartre, Nausée)...

NB : Nombreux sont les romans qui échappent à une telle taxinomie.

NB : Cette approche peut servir mais, plutôt littéraire, elle demeure seconde dans un commentaire de style.

B)Les choix énonciatifs

3 caractéristiques à développer qui permettent véritablement de dégager les particularités d'un texte romanesque :

L'opposition récit / discours :
cette opposition est liée au choix :
de la personne grammaticale
de la présence ou de l'absence de déictiques
d'un système temporel grammatical.
Un texte peut relever du récit, du discours, combiner récit et discours.
=> il s'agit de
dégager les effets produits par tel choix
d'apprécier les indices d'E° (but : évaluer la subjectivité de l'émetteur)
d'apprécier l'éloignement pris par rapport à la situation d'E°.

Le choix d'un type de narrateur :
le type de narrateur apparaît également dans les marques de l'E°.

Le choix entre un roman à la P1 ou roman à la P3 :
(lié aux 2 précédents choix).
Attention ! Le roman à la P1 comprend des sous-genres divers où interviennent :
pacte de lecture
chronologie
thématique
pour distinguer :
autobiographies
mémoires
certains essais
vrais et faux journaux intimes
romans biographiques.

NB : cette entrée formelle est incontournable pour le commentaire d'un extrait de roman.


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supercocotte
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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:26

III.Les voix narratives

Contenu du récit (énoncé) ? Mode de relation à l'histoire racontée ? Fonctions du narrateur ? Ordre des événements ?

A)Narrateur VS narrataire

2 instances prennent en charge la narration : le narrateur et le narrataire.
Ils correspondent aux 2 pôles du locuteur et de l'allocutaire.
Ce sont 2 instances fictionnelles.
Elles sont présentes à divers degrés dans la texture même de la narration.
Certains indices permettent d'identifier leur présence
+ leur forme d'intervention.

Le narrateur : celui qui raconte l'histoire.

Le narrataire :
c'est l'instance symétrique du narrateur.
Attention! Il ne se confond pas avec le lecteur.
Il est auditeur ou lecteur de l'histoire dans la fiction.
Sa présence, gommée ou affichée permet à l'écrivain de se construire une image du lecteur (entre autres).

Ex : dans la Religieuse, Diderot, le personnage principal adresse une longue lettre à un certain marquis de Croismare. Le narrataire, c'est lui :

Voilà le moment le plus terrible de ma vie : car songez bien, Monsieur, que j'ignorais absolument sous quelles couleurs on m'avait peinte aux yeux de cet ecclésiastique. »

Le narrataire est interpellé : « Monsieur »;
La religieuse se pose en victime pour susciter la compassion de ce lecteur.

B)La relation du narrateur à l'histoire

Permet de savoir si le narrateur est présent ou non comme personnage de l'histoire.
2 cas :

Narrateur homodiégétique : le narrateur est présent dans l'histoire,
c'est-à-dire dans l'univers spatio-temporel de la fiction.
L'auteur fait raconter l'histoire par l'un des personnages.
Ex : Manon Lescaut, où Des Grieux est à la fois narrateur et un des personnages principaux.
Ex : La recherche commence par une parole à la P1
« Longtemps je me suis couché de bonne heure »,
qui désigne Marcel comme personnage-narrateur.

Narrateur hétérodiégétique :
l'auteur fait raconter l'histoire par un narrateur
anonyme
qui ne prend pas part à l'histoire.
Ex : le narrateur de Madame Bovary est anonyme et extérieur à l'histoire d'Emma.

C)Le niveau de la narration

Se poser la double question : combien de récits abrite l'oeuvre et combien de narrateurs prennent la parole ?
2 cas :

Narrateur extradiégétique :
récit unique de la première à la dernière page
narrateur unique
donc un seul niveau de narration.
Ex : le narrateur de Madame Bovary.

Narrateur intradiégétique :
le récit ménage des enchâssements de récits
ces récits enchâssés sont confiés à d'autres narrateurs
donc plusieurs niveaux de narration (2, 3 voire 4).
NB : est dit intradiégétique le narrateur qui fait lui-même l'objet d'un récit.
Ex : Shéhérazade dans les Mille et Une Nuits ; Des Grieux dans Manon Lescaut.

Cf. Figures III, tous les croisements possibles entre la relation à l'histoire et les niveaux de la narration.

Interroger stylistiquement les voix narratives :
Qui raconte ?
Est-ce un personnage principal ou secondaire ?
Est-ce un témoin ?
Est-ce un narrateur étranger à l'histoire ?
Est-ce un narrateur qui voit les faits ?
Est-il totalement extérieur ?
Quel est son statut ?
Quelle relation entretient-il avec l'histoire ?
À quel niveau narratif se situe-il ?
Comment raconte-t-il ?
Les réponses à ces questions ont des conséquences sur :
la façon dont l'histoire est présentée
l'emploi des personnes et des temps
le mode de présentation : récit VS discours
la part d'omniscience ou de restriction du champ visuel
le choix d'un récit unique ou de récits enchâssés
ces jeux réflexifs peuvent être ludiques
ou renfermer un questionnement sur l'essence de la littérature,
Ex : Si par une Nuit d'Hiver un Voyageur, Italo Calvino.

D)La focalisation

La focalisation, c'est la distance choisie par rapport aux événements et aux personnages.

Focalisation zéro :
C'est le point de vue omniscient.
Le narrateur sait tout et il voit tout.
Il n'y a aucune restriction du champ de vision.

Focalisation interne :
Le narrateur suit le point de vue d'un personnage.
Le champ est restreint à ce que voit et sait le personnage en question.
Conséquence : effet de proximité.

Focalisation externe :
Le narrateur ne saisit que l'aspect le plus extérieur des choses.
Conséquence : il en sait moins que le personnage.
Effet : neutralité de la narration ; impression qu'une caméra est placée à un endroit et filme ce qui passe dans son champ.

Interroger stylistiquement la focalisation :
Attention ! Le choix d'une focalisation n'est pas constant dans la narration : repérer les passages des changements de point de vue.
S'interroger sur les effets produits.
S'interroger sur la volonté du narrateur de transmettre tel ou tel type d'information :
Focalisation zéro : vision surplombante : un grand nombre d'informations.
Focalisation interne : permet l'accès à la psychologie des personnages
au moment où naissent leurs émotions.
Focalisation externe : objectivité, neutralité ; favorise une approche phénoménologique (description des phénomènes).

E)Les fonctions du narrateur

La fonction narrative : le narrateur raconte une histoire.
Cette fonction peut être explicitée : je vais vous raconter... Ce qui permet de mettre la figure du narrateur en relief. (Ex : c'est ce que fait Diderot dans Jacques le Fataliste).

La fonction de régie : le narrateur organise la narration d'une certaine manière.
C'est le rôle joué par le pseudo-éditeur des Liaisons Dangereuses, qui prétend avoir mis de l'ordre dans l'ensemble de la correspondance.

La fonction testimoniale : le narrateur formule des commentaires, réflexions, émotions ou jugements sur le personnage. Ainsi, il révèle la relation qu'il nourrit vis-à-vis de l'histoire qu'il raconte.
Ex : dans La Chartreuse de Parme, le narrateur se rapproche et se distancie de son personnage qu'il juge d'un air amusé, par le procédé de l'ironie : « Notre héros était fort peu héros en ce moment ».

La fonction de communication : le narrateur s'adresse au lecteur. (Ex : Jacques le Fataliste.)

La fonction explicative : valeur didactique.

La fonction idéologique : jugements généraux sur l'homme.


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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:28

IV.Les étapes de la narration et de l'intrigue

A)Deux moments formels importants

Il faut chercher à replacer l'extrait dans l'économie générale du roman, quand cela est possible.
L'incipit et la clausule du roman appellent une série de questions et de remarques qui leurs sont propres et qui viennent nourrir l'interprétation.

1.L'incipit :

Les éléments du paratexte sont à intégrer dans l'analyse
La question de la fin de l'incipit : où se termine l'incipit ?
Au moment d'une rupture : passage du récit au discours ? Du narratif au descriptif ? Variations typographiques ?
Au moment où commence l'intrigue ?
Ce questionnement sur la fin du début interviendra dans l'analyse.
Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?
Le jeu stylistique débute avec le comment ?
Cf. paratexte : titre, sous-titre, dédicace peuvent éclaircir l'incipit, ou au contraire demeurer énigmatiques.
=> Quelles sont les stratégies de l'auteur pour informer le lecteur tout en lui plaisant ?
Quand :
La situation dans le temps est-elle précise ? Des dates sont-elles données (ou d'autres indices, Cf. La Princesse de Clèves : description de la cour de Louis XIV) ?
Quel est l'effet produit : ancrage dans le réel ? Ou au contraire, l'auteur joue-t-il avec les attentes du lecteur (parodie d'un début de roman traditionnel comme dans Les Fleurs Bleues) ?
Temporalité linéaire ou analepse ?
Quelle distance entre le temps du récit et celui de l'auteur (120 ans sépare la princesse de Clèves du récit de sa vie par l'auteur du livre) ?
Où :
L'ancrage spatial participe-t-il à l'élaboration d'un effet de réel ?
Regarder le titre : le lieu semble-t-il avoir une importance particulière dans le récit ?
Les toponymes : choix ? Présence ou absence ? Fréquence ?
Les patronymes permettent-ils de situer géographiquement le récit ?
Idem un champ lexical rural ou citadin ?
Comment le lieu est-il caractérisé ?
Qui :
Qui voit ? Qui parle ? Qui sait ?
Quels liens entre personnage(s) et narrateur ?
Récit à la P1 ou à la P3 et csqce de ce choix ?
Les personnages sont-ils nommés ? Si oui, comment : fonction (monsieur le maire), patronyme, surnom ?
En est-il fait un portrait ?
NB : Butor, La Modification : refus de l'ancienne conception du personnage et utilisation d'un vous déconcertant, dans lequel le lecteur peut s'investir : « Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre... »
Progression de l'incipit : rapide ? Suspensif ? Progressif ?
Fonctions de l'incipit ?
Effets de l'incipit ?
Comment s'élabore l'univers du roman qui va se construire au fil des pages ?
Que découvre-t-on du style de l'écrivain ? Joue-t-il avec nos attentes ? Avec les topoï de l'incipit ?

1.La clausule / excipit / desinit :

Y a-t-il un rapprochement à faire entre la clausule et l'incipit (si celui-ci est connu ?)
Existe-t-il un effet de boucle ?
Quelles évolutions sont à noter ?
Ex : L'Étranger de Camus, incipit : mort de la mère, narrateur semble étranger au monde qui l'entoure, sans sentiment et indifférent : phrases simples, vocabulaire pratique, abondance de déictiques / clausule : mort du narrateur lui-même, il semble avoir retrouvé ses semblables : phrases amples, vocabulaire axiologique, champ lexical de la nui et de la fraîcheur.
Quels procédés exhibent la fin du roman :
choix linguistiques, thématiques, effets produits sur le lecteur,
bref : tout ce qui est mis en place pour quitter le lecteur ?
La fin est-elle isolée typographiquement ?
Où débute la fin ?
Rythme ?
S'agit-il ou non d'un topos ? Mariage, mort, départ ?
Champ lexical clausulaire ?
Quel trait grammatical démarcatif indique une rupture (p.ex. des adv conclusifs ?) ?
Fin ouverte ou fermée ?
Le lecteur possède-t-il toutes les réponses aux questions qui ont pu émerger lors du récit ?
Peut-on relever une morale ou un bilan ?
Ex : Maupassant, Une Vie, la dernière phrase : « la vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit ».
S'il y a un bilan, est-il implicite ou explicite ?
Quel est le dernier mot du roman ? (p.ex. dans L'Étranger : le dernier mot est « haine »).
Y a-t-il une trace du titre dans cette clausule (comme dans Une Vie ou Enfance de Sarraute) ?

B)Les structures de l'histoire :

On peut se servir de la théorie de Wladdimir Propp (simplifiée par Greimas et Larivaille en schéma quinaire) :
état initial
complication / force pertubatrice
dynamique
résolution / force équilibrante
état final
Chacune de ces grandes étapes se subdivisent en séquences, dans lesquelles résident les possibilités d'évolutions du récit.


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MessageSujet: Re: Besoin D'aide   Ven 19 Déc - 21:29

V.Le temps de l'histoire et le temps du récit :

Temps de l'histoire : c'est le temps dans lequel vivent et évoluent les personnages ; il est mimétique du temps réel ; il se mesure en heures, jours, mois, années.
Temps du récit : c'est le temps que prend l'acte de raconter ; le narrateur opère des choix significatifs pour raconter des événements d'une certaine durée ; il est mesurable en nombre de pages et de lignes.

A)L'ordre des événements et l'ordre du récit :

Homologie : simultanéité du temps de l'histoire et du temps du récit ; ordre chronologique des événements ; cas assez rare, qu'on trouve dans les contes.
Discordance :
prolepse : modification de l'ordre des événements par anticipation ; il s'agit de raconter un événement avant le moment où il devrait prendre place dans la fiction ;
analepse : modification de l'ordre des événements par rétrospection ; il s'agit de relater un événement après le moment pù il devrait se situer.
L'analepse revêt différentes valeurs, et notamment, une valeur explicative, puisqu'en opérant un retour en arrière, elle vient livrer des causes...
Évaluer l'amplitude de l'anachronie (la durée qu'elle recouvre) ;
quel est l'enjeu de l'anachronie : dévoiler ou taire des faits au lecteur ? Pourquoi ?

B)Le moment de la narration :

Quand est racontée l'histoire par rapport au moment où elle s'est déroulée ?
Genette retient 4 possibilités :

Narration simultanée : impression que le narrateur raconte l'histoire au moment où elle se produit (ce qui est d'ailleurs totalement impossible).
Ex : La Nouvelle Héloïse : « Ô désirs ! Ô craintes ! Ô palpitations cruelles !... On ouvre ! On entre !... C'est elle ! C'est elle ! Je l'entrevois, je l'ai vue, j'entends refermer la porte. »
Permet de faire coïncider l'arrivée de Julie et le rendu des émotions de Saint Preux.
On trouve donc notamment ce procédé dans les romans épistolaires (impressions de grande intimité ; de grande tension dramatique).

Narration ultérieure : raconte les événements après qu'ils ont eu lieu ; emploi du passé ; cas le plus fréquent.

Narration antérieure : anticipe sur les événements à venir ; emploi du futur ; cette technique narrative se limite à des pages ayant valeur prémonitoire (rêves, récits d'oracle, récits prédicifs...).

Narration intercalée : mêle narration ultérieure (la plus fréquente) et narration simultanée, souvent sous forme de réflexions, commentaires ; emploi de la P1 ; journal intime ou roman par lettres le plus souvent.

C)La vitesse de la narration :

Accélération ou ralentissement du temps du récit par rapport au temps de l'histoire :

La scène : souvent sous forme de dialogue ; illusion de simultanéité entre tps de l'histoire et tps du récit.

La pause : souvent sous forme de description, digression, commentaire généralisant ; pas de progression de l'intrigue ; impression de ralentissement.

Le sommaire : résumé en quelques mots ou quelques lignes d'une longue durée de l'histoire ; impression d'accélération.
Ex : Flaubert, L'Éducation Sentimentale : « Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l'étourdissement des paysages et des ruines, l'amertume des sympathies interrompues. Il revint. »

L'ellipse : omission d'un épisode, d'un fait.
C'est la logique de l'histoire qui permet de répérer l'ellipse.
Ex : Proust, La Recherche : « J'étais arrivé à une presque complète indifférence à l'égard de Gilberte, quand deux ans plus tard je partis avec ma grand-mère pour Balbec. »

D)La fréquence :

Il s'agit du rapport entre le nombre de fois où un événement se produit dans l'histoire et le nombre de fois où il est raconté dans le récit. 3 possibilités :

Mode singulatif : raconte une fois ce qui s'est produit une fois.
Permet une certaine dynamique ; enchaîne les événements.
Dans Candide, c'est l'accumulation d'événements dans l'histoire qui est source de comique.

Mode répétitif : raconte plusieurs fois ce qui ne s'est produit qu'une fois ;
permet d'avoir plusieurs points de vue sur un seul événement.
Ex : Les Liaisons : triple récit de la découverte par Mme de Volanges des lettres que Danceny avait adressées à Cécile : par Mme de Merteuil, par Mme de Voalnges, par Cécile.
Enjeu : faire éclater le cynisme de Mme de Merteuil et la naïveté des victimes.

Mode itératif : raconte une fois ce qui s'est passé plusieurs fois ; souvent pour évoquer une habitude ; emploi de l'imparfait.

Attention ! Pour examiner ordre, moment, vitesse et fréquence du récit, il faut examiner :
les modes verbaux
les temps verbaux
l'isotopie* temporelle
la composition du passage, le mode de progression du passage.

*Isotopie : présence d'un même sème dans plusieurs termes d'un texte. Permet de regrouper des champs lexicaux, des réseaux sémantiques, qui fondent la cohérence d'un passage.
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