Licence, CRPE, Capes, Agrégation, Master, Thèse et Enseignement des Lettres


 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  NetLettresNetLettres  Forum RévisionsForum Révisions  Tchats IRCTchats IRC  BDD du TroubleBDD du Trouble  Fauteuses de TroubleFauteuses de Trouble  Connexion  

Partagez | 
 

 Sujet français PLP externe2013 bis

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
DerMax
Niveau H


Masculin
Nombre de messages : 540
Age : 33
Localisation : Nord
Emploi : Prof stagiaire lettres-hg-ec
Date d'inscription : 14/06/2011

MessageSujet: Sujet français PLP externe2013 bis   Mer 26 Juin - 13:10

« Oh, quelle horreur! » s'écria Paulette. Il faisait un temps magnifique, un de ces ciels où c'est un bonheur qu'il y ait des flocons de nuages, pour que quelque chose y puisse être de ce rose léger qui les rend plus bleus. Au débusqué du Trocadéro, sur les marches, on se heurtait à cette grande cloche vide au-dessus de Paris, de la Seine et des jardins. Les jardins dévalaient toutes eaux dehors cascades, bouquets d'écume, jets surgis en panaches de la pièce centrale et chargés dans la lumière de statues d'or étincelantes, de massifs de fleurs vivaces, avec une couronne d'arbres inclinés jusqu'au fleuve, d'où jaillissaient, de droite et de gauche, tourelles et terrasses, de bizarres architectures de bois aux toits de couleur. Dans tout cela, la foule, une foule ahurie, bigarrée, avec des Arabes, des Anglais, des Parisiens, des badauds grimpés, le melon sur le nez, sur des ânes blancs conduits par des fellahs, les extravagantes modes de l'année avec leurs tournures embarrassantes et les petits chapeaux étroits et perchés, retenus d'une bride sous le menton, la flâne des ouvriers en blouse, des enfants qui courent dans vos jambes, et l'un d'eux dans les escaliers tombe et pleurniche, les pantalons rouges des militaires, les chéchias des spahis, les redingotes noires et cintrées de messieurs barbus qui pérorent, des floppées et des floppées de gens qui arrivent et qui s'en vont, comme un chassé-croisé de fourmis où l'on était pris, avec un relent de poussière et de sueur, la sensation irrépressible qu'on entrait pour des heures dans un engrenage de fatigue et d'émerveillement, qu'on allait rouler avec les autres, sans pouvoir s'arrêter, sur cette pente où déjà depuis e matin s'étaient esquintés les visiteurs solitaires, les familles époustouflées, les mille et une nations du monde accourues pour l'Exposition. « Oh, quelle horreur! » répéta Paulette. Elle commençait sous ses pieds, l'Exposition, par ce déballezmoi-ça de gogos, ce méli-mélo de bronzes d'art, de géraniums, de filles, de soldats, de bourgeois, de gosses, de grandes eaux, d'Annamites, de Levantins, d'étrangers frais débarqués et de voyous venus de la Butte, par ce pandémonium étonné, goguenard, bruyant, traînant la patte. Elle se poursuivait par-dessus la Seine, où le pont disparaissait sous un dais de toile rayée rouge et grise qui le transformait en un couloir happant les fourmis. Elle se poursuivait, l'Exposition, sur l'autre rive par toutes sortes de baraques barrant les quais, inégales, sans rapport entre elles, en bois, en pierres, en stuc, en métal, en carton, en plâtras, boursouflées, baroques, burlesques, bourgeonnantes, à balcons, à loggias, à balustrades, colonnettes, flèches, pignons, belvédères. Mais qui pensait à cette champignonnière burlesque, ou au quadrilatère, aperçu par derrière, du Champ-de-Mars bâti de pavillons de fer, de verre, de briques et de céramiques, jusqu'à la voûte bleue et verte de la Galerie des Machines, cette espèce de hangar géant devant l'Ecole militaire? Qui pensait de là-haut, du porche du Trocadéro où les Mercadier avaient fait halte, à quoi que ce fût au monde, à la foule, aux restaurants, aux bicoques, à la bouffée de musique berbère et de piaulements canaques qui s'échappait de tout ça dans l'après-midi finissante, qui pensait à quoi que ce fût, excepté à ce monstre aux pattes écartées, dont la dentelle d'acier dominait tout, trouant le ciel, avec ses étranges corbeilles, son enchevêtrement de câbles, son chapeau de verre là-haut, tout là-haut, dans les nuages roses, dans le bleu ébloui, dans la lumière déchirée. qui pouvait penser à autre chose qu'à cette tour de trois cents mètres, dont on avait tant parlé, tant médit, mais dont rien n'avait donné l'idée, l'ombre de l'ombre de l'idée. « Quelle horreur! » dit pour la troisième fois Paulette, et Pierre hocha la tête, et expliqua « Goût américain. » comme pour le champagne, et il enleva son chapeau neuf, dont le cuir lui serrait le front.


«Oh! Quelle horreur! s'écria Paulette» est l'incipit du roman d'Aragon «les Voyageurs de l'impériale» alors quelle impression?
J'ai eu du mal avec la question de grammaire perso: "Il faisait un temps magnifique, un de ces ciels où c'est un
bonheur qu'il y ait des flocons de nuages, pour que quelque
chose y puisse être de ce rose léger qui les rend plus bleus."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
DerMax
Niveau H


Masculin
Nombre de messages : 540
Age : 33
Localisation : Nord
Emploi : Prof stagiaire lettres-hg-ec
Date d'inscription : 14/06/2011

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Mer 26 Juin - 15:30

Sinon j'ai fait:

En quoi ce texte donne à voir 2 visions opposées de Paris et de l'exposition universelle, à travers la tour Eiffel? (enfin dans le style car je l'ai modifiée à la fin :s)

I) La vision sublimée qui s’atténue progressivement
A) Constraste exclamation de Paulette et temps magnifique
B) Le cosmopolitisme de la foule
C) Le sentiment naissant d'oppression
II) Le retour à "l'horreur"
A) L'oppression omniprésente
B) La prise à partie du lecteur/spectateur
C) Un paysage angélique devenue démoniaque

Sinon pour les 15 inscrits dans le privé on devait être 5/6. Beaucoup d'absents également dans le public.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eunomia
Niveau J
avatar

Féminin
Nombre de messages : 373
Etudes, Loisirs ou Autre : me trouver si possible
Date d'inscription : 04/10/2006

Précisions
Vous êtes: autre

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Mer 26 Juin - 16:13

moi ça a donné ça :

I) L'Exposition universelle, un pandémonium d'en bas
II) La Tour Eiffel : le monstre des hauteurs
en gros j'ai compris que les deux types d'architectures s'imbriquaient et étaient personnifiées l'une en pandémonium féminin et l'autre en monstre masculin (avec des nuances) ma problématique c'est comment ces deux types d'architecture s'imbriquent l'un dans l'autre

mais peut-être que je plane

quant à la question de grammaire, voilà ce que j'ai compris :
phrase simple juxtaposée avec quatre propositions circonstancielles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
eunomia
Niveau J
avatar

Féminin
Nombre de messages : 373
Etudes, Loisirs ou Autre : me trouver si possible
Date d'inscription : 04/10/2006

Précisions
Vous êtes: autre

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Mer 26 Juin - 16:15

pour les présences, salle à moitié vide que ce soit côté public ou côté privé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cocktail
Niveau K


Nombre de messages : 125
Localisation : Hauts de Seine
Emploi : FSTG Lettres-Anglais
Date d'inscription : 29/10/2012

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Jeu 27 Juin - 13:42

Louis Aragon également pour les lettres-anglais !
Le poème "Elsa". Très beau d'ailleurs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cocktail
Niveau K


Nombre de messages : 125
Localisation : Hauts de Seine
Emploi : FSTG Lettres-Anglais
Date d'inscription : 29/10/2012

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Jeu 27 Juin - 17:04

De retour à la maison, j'en profite pour poster le poème évoqué dans mon précédent message :

Elsa (1942)

Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s’est doucement tendrement endormie
Comme une maison d’ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au coeur des myrrhes verts
Sa joue a retrouvé le printemps du repos
Ô corps sans poids posé dans un songe de toile
Ciel formé de ses yeux à l’heure des étoiles
Un jeune sang l’habite au couvert de sa peau
La voila qui reprend le versant de ses fables
Dieu sait obéissant à quels lointains signaux
Et c’est toujours le bal la neige les traîneaux
Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables
Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis
Qu’elle reste pareille aux marches du silence
Qui m’échappe pourtant de toute son enfance
Dans ce pays secret à mes pas interdit
Je te supplie amour au nom de nous ensemble
De ma suppliciante et folle jalousie
Ne t’en va pas trop loin sur la pente choisie
Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble
J’ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
Je me ronge le coeur de ce coeur que j’écoute
Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux

Louis Aragon

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
sunday
Niveau K
avatar

Féminin
Nombre de messages : 107
Localisation : paris
Etudes, Loisirs ou Autre : lire, musique, travels
Date d'inscription : 23/09/2007

MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   Jeu 27 Juin - 18:38

En lettres-espagnol, on a eu aussi ce poème.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sujet français PLP externe2013 bis   

Revenir en haut Aller en bas
 
Sujet français PLP externe2013 bis
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sujet français PLP externe2013 bis
» Sujet et corrigé brevet français 2011 - Romain Gary
» Français - Sujet du baccalauréat - Liban (2015)
» Sujet de français du bac
» SITE VOCAB. DICO. PSYCHO, NOTIONS!!! anglais/français

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Licence, CRPE, Capes, Agrégation, Master, Thèse et Enseignement des Lettres :: Forum PLP : concours et profs-
Sauter vers: